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La plupart des études sur le sommeil sont trop courtes pour mesurer efficacement la variabilité du sommeil

Depuis des décennies, les études sur le sommeil se basent sur une ou deux semaines de données pour mesurer les variations du sommeil d’une nuit à l’autre. Une nouvelle étude suggère que cela est loin d’être suffisant. Des chercheurs ont analysé les données de 3,7 millions de nuits provenant de plus de 10 000 membres WHOOP et ont conclu qu’une mesure fiable de la variabilité du sommeil nécessite 41 à 65 nuits consécutives, en fonction de l’indicateur évalué. Pas sept. Ni quatorze. Six à dix semaines, minimum. L’étude a été publiée dans SLEEP, revue de référence dans le domaine. Elle soulève des questions majeures sur la compréhension de la régularité du sommeil, et son impact sur la santé. Dans un éditorial accompagnant cette étude, elle été qualifiée d’« étape importante » par des chercheurs indépendants.

Qu’est-ce que la variabilité du sommeil ?

La variabilité du sommeil mesure à quel degré vos tendances de sommeil évoluent d’une nuit à l’autre. Elle prend en compte les variations lorsque vous vous endormez, vous réveillez, la durée de votre sommeil et vos périodes d’éveil chaque nuit. Une variabilité du sommeil élevée indique un rythme de sommeil irrégulier pouvant nuire à la santé à long terme, à la récupération et aux performances.

Une mesure qui pose problème

Mesurer la durée moyenne de sommeil est plutôt simple. Vous pouvez l’estimer au bout d’environ une semaine. C’est ce que font la plupart des études.

Pour la variabilité du sommeil, c’est plus compliqué. Avec seulement sept nuits de données, les estimations de variabilité ne sont corrélées qu’à hauteur de 0,50-0,58 aux valeurs réelles, bien en dessous du seuil de fiabilité de 0,80. Quatorze nuits permettent à peine d’atteindre 0,61-0,67.

La marge d’erreur reste donc considérable. Les estimations de durée du sommeil sur une semaine peuvent induire une marge d’erreur allant jusqu’à 50 minutes. Pour la variabilité du sommeil, la marge d’erreur peut atteindre les deux heures.

Les études majeures qui ont façonné notre compréhension du sommeil et de la santé, y compris MESA, ABCD et UK Biobank, étaient basées sur un suivi de sept jours. Leurs conclusions en matière de variabilité du sommeil pourraient donc être nettement sous-estimées.

Pourquoi la variabilité du sommeil est importante

Une variabilité du sommeil trop élevée peut être liée à différents problèmes de santé :

  • Risque cardiovaculaire
  • Dérèglement métabolique
  • Troubles de l’humeur
  • Déficience cognitive

Si la fiabilité des études standard se situe aux alentours de 0,60, les liens entre un sommeil irrégulier et des problèmes de santé pourraient être sous-estimés d’environ 40 %, comme indiqué dans l’éditorial :

« Les impacts sur la santé d’un sommeil irrégulier pourraient être beaucoup plus importants que ce que les études actuelles suggèrent ».

L’étude elle-même porte sur la mesure, pas sur les conséquences directes sur la santé. Mais cela signifie que si l’outil que vous utilisez pour mesurer quelque chose n’est pas suffisamment précis, vous risquez de sous-estimer ce que vous mesurez. Les vraies conséquences d’un sommeil irrégulier pourraient être bien plus importantes que ce que la recherche a pu démontrer.

Ce qui a rendu cela possible

10 412 participants ont porté WHOOP en continu pour en moyenne 355 nuits chacun, avec un taux d’observation nocturne de 97,9 %. Cela représente presque une année de données de sommeil complètes par personne, une quantité de données impossible à atteindre dans le cadre d’une étude de courte durée en laboratoire.

Cette étude montre également que porter régulièrement son capteur est essentiel. Les participants ayant porté leur WHOOP moins régulièrement ont eu besoin d’environ dix nuits supplémentaires pour que leurs données de variabilité du sommeil soient aussi précises que les autres. Porter WHOOP régulièrement, pas seulement la plupart des nuits, permet donc d’analyser de façon plus fiable votre sommeil.

Validation indépendante

L’édito accompagnant l’étude publiée dans SLEEP a été rédigé par des chercheurs du Centre for Sleep and Cognition de la National University of Singapore, affilié au Oura-NUS Joint Lab. Voici leur conclusion : « Pour mesurer la variabilité du sommeil dans des conditions de vie naturelles, une ou deux semaines de données ne sont pas suffisantes ».

La communauté scientifique, y compris des chercheurs en lien avec d’autres marques de capteurs portables, reconnaissent l’importance de ces découvertes pour le futur de la recherche sur le sommeil.

Facteurs individuels impactant la variabilité du sommeil

La fiabilité de la variabilité du sommeil varie selon les groupes démographiques :

  • Les femmes et les jeunes adultes ont nécessité 34 nuits de plus pour atteindre des estimations fiables 
  • À partir de 55 ans, cette différence s’estompe
  • Cause potentielle : des fluctuations liées au cycle menstruel chez les femmes plus jeunes

Conclusion : une mesure précise du sommeil nécessite de prendre en compte les différences biologiques. Des fenêtres d’évaluation standardisées peuvent sous-représenter certains groupes de façon systématique.

Ce que cela signifie pour les membres WHOOP

Chaque nuit, lorsque vous portez votre WHOOP, vous développez la base de données continue nécessaire selon cette recherche à une mesure fiable du sommeil. Une semaine d’analyse peut vous donner une première évaluation. Révéler vos vraies tendances nécessite des mois de nuits de sommeil. Et ces tendances à long terme sont celles qui comptent vraiment en matière de santé.

Cette étude va au-delà de la simple analyse des données WHOOP. Elle met en avant la façon dont un suivi continu permet de fournir des données plus fiables à la science du sommeil. 

Questions fréquentes sur la variabilité du sommeil

Qu’est-ce qu’une variabilité du sommeil normale ?

La variabilité du sommeil est une mesure hautement individuelle, avec des fluctuations normales d’une nuit à l’autre. Concentrez-vous sur des horaires de coucher et de lever réguliers, en étant attentif aux évolutions significatives et durables en matière de variabilité.

De combien de temps ont besoin les études pour atteindre des mesures de variabilité fiables ?

Cette recherche montre qu’une mesure fiable de la variabilité du sommeil nécessite 41 à 65 nuits consécutives de données. Une semaine ou deux ne suffisent pas pour établir une base de référence, et la mesure peut facilement être faussée par quelques nuits inhabituelles. Un suivi continu sur le long terme est la meilleure façon d’obtenir une vision claire et fiable de vos tendances de sommeil.

Est-il possible d’améliorer la variabilité de mon sommeil, et si oui, comment ?

Oui, vous pouvez mettre en place un sommeil de meilleure qualité, à travers des horaires de coucher et de lever réguliers, une bonne exposition à la lumière du jour, une bonne gestion des horaires de repas et un contrôle de votre consommation de caféine et d’alcool.

Quel est le nombre normal d’interruptions de sommeil par nuit ?

De brefs réveils durant les cycles de phases de sommeil sont normaux, et leur nombre varie d’une personne à l’autre. Suivez leur lien avec votre score de Récupération du lendemain pour mieux comprendre leur impact.